
Le Massif du Mézenc-Gerbier est un espace de confins que les successives étapes de modernisation avaient longtemps laissé à l’écart. C’est aussi un espace « saturé de territoires » : aux territoires administratifs anciens sont venus s’ajouter ces trente dernières années deux Régions, cinq Pays, un PNR, trois intercommunalités, qui ont rendu parfois plus difficile la lisibilité du massif y compris et surtout pour ses habitants qui n’ont pourtant jamais cessé de vouloir le développement de leur massif et d’affirmer leur identité « Hommes d’En-Haut » comme les appelait Jules Romains.
Depuis dix ans, l’émergence et la réalisation de projets concernant l’ensemble du massif – et non plus restreints aux limites départementales – a permis de rassembler des acteurs jusqu’alors séparés, de donner une ambition plus forte, de faire jouer les nécessaires complémentarités.
Grâce à cette vision ont pu être découvertes les spécificités du massif Mézenc-Gerbier, spécificités tout à fait exceptionnelles avec la source du plus long fleuve de France, avec un produit agro-alimentaire unique (le Fin Gras), avec le territoire agricole humanisé le plus haut du Massif central, avec ses paysages de sucs phonolitiques uniques en Europe, avec ses toitures traditionnelles de paille, de genêt et de lauzes.
Ces spécificités ont commencé à être valorisées d’une façon exemplaire et innovante.
L’AOC Fin Gras du Mézenc sera en 2006 la première AOC viande bovine du Massif central (lui-même plus important bassin de production de viande bovine d’Europe !).
Le Cercle international des sources de grands fleuves qui se constitue sur l’initiative de la source de la Loire est gros d’effets considérables pour le développement du massif pour le faire connaître au loin, pour faire valoir ses produits, et plus largement, ses aménités.
En complément, la Trace des Hommes d’en Haut, le réseau lauzes, volcans en liberté représentent les premières concrétisations de l’effort commun de ces dix dernières années.
Cette ambition n’est pas que le produit d’une volonté, elle est aussi motivée par les caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du massif : un patrimoine spécifique mais divers et discret. Ainsi les gens du Mézenc ont pris conscience que la mise en commun des projets, leur synergie étaient les premières conditions à remplir.



